TRANCHE D’HISTOIRE DANS LE SIROP

TRANCHE D’HISTOIRE DANS LE SIROP

Alors que la température se réchauffe, plusieurs d’entre vous iront se sucrer le bec prochainement. Cette tradition de la cabane à sucre est un emblème de la culture québécoise printanière.

Au Québec, la tradition de la cabane à sucre a commencé au début du 19e siècle. Dans la région, la première sucrerie non commerciale est tenue par Jean-Roch Rolland, seigneur de Monnoir. Il avait acheté la seigneurie au seigneur Johnson en 1826.

À Mont-Saint-Grégoire, les cabanes à sucre deviennent une industrie au tournant des années 1920. Cela fait donc près de 100 ans que la région attire les familles, les amis et le voisinage pour le temps des sucres.

Une des premières cabanes familiales à ouvrir au public est celle d’Alphonse et Elzéar Goineau en 1929. Les deux frères rendent leur cabane à sucre, située à flanc de montagne, accessible aux gens souhaitant y tenir des réceptions. Soulignons aussi la cabane à sucre de Romuald Meunier, ouverte en 1947, qui sera même électrifiée. Le dimanche, elle reçoit un orchestre, au plus grand plaisir des convives.

La tradition a bien évolué. À ses débuts, ce sont les gens qui apportaient leur viande et leurs œufs. Le cuisinier de la cabane s’occupait de préparer la nourriture et fournissait du sirop, moyennant une certaine redevance.

À une certaine époque, la cabane à sucre était l’endroit idéal pour s’échapper des obligations religieuses. En effet, le temps des sucres correspond au carême dans le calendrier catholique, cette période où le jeûne et l’abstinence sont de mise. Au lieu de cela, les Canadiens français se retrouvent à la cabane et festoient pour souligner la fin de l’hiver avec mille et une façons de consommer du porc, des œufs, des desserts, le tout bien imbibé de délicieux sirop d’érable bien de chez nous !

Aujourd’hui, la cabane à sucre a, pour la plupart des gens, perdu toute association religieuse. Malgré tout, l’esprit de la cabane à sucre d’antan demeure : il y a de la musique et de la danse, et ça se passe « à la bonne franquette »!


Le temps des sucres en famille, première moitié du 20e siècle. Collection Musée du Haut-Richelieu, 1981.48.139

 

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