MOIS DE L’HISTOIRE DES FEMMES

MOIS DE L’HISTOIRE DES FEMMES

Originaire d’Henryville, Charlotte Tassé (1893-1974) entre à l’école d’infirmières de l’hôpital Notre-Dame en 1914. Elle décide ensuite d’aller se spécialiser au Bellevue Hospital, à New York.

En 1919, le docteur Albert Prévost ouvre une clinique privée pour soigner les troubles nerveux à Montréal. Il demande l’assistance de la garde-malade Charlotte Tassé, qui le seconde dès septembre.

Peu de temps après son arrivée, Charlotte Tassé inaugure une école de garde-malades au sein de l’institut. Cette école, en fonction jusqu’en 1947, forme une cinquantaine de garde-malades. En 1926, lorsque le docteur Prévost décède subitement, Charlotte Tassé prend la direction de l’établissement.

Elle lance, en 1950, une école de garde-malades auxiliaires. Elle veut ainsi étendre le champ d’action des garde-malades en assistant les infirmières. Le slogan de cette nouvelle classe de soignantes est « S’oublier pour soulager ».

En décembre 1951, devant la réussite du programme, le Comité des Hôpitaux du Québec confie à Charlotte Tassé le mandat d’implanter de ces écoles partout au Québec. Toute cette implication et ce dévouement lui valent, en 1955, le grand prix annuel décerné par l’Association d’hygiène mentale du Canada.

Au tournant des années 1960, un nouveau psychiatre, Camille Laurin, futur politicien, fait son entrée dans l’établissement. Il souhaite modifier le fonctionnement de l’institution. Il y a quelques accrochages avec Charlotte Tassé, directrice de l’établissement depuis une quarantaine d’années. Le gouvernement met en place la Commission Régnier pour enquêter sur l’ingérence des garde-malades et de l’administration dans le traitement des patients.

À une époque où la médecine est un domaine masculin, de même que la politique, on ne peut être surpris que raison soit donnée aux psychiatres. Charlotte Tassé se voit pénalisée pour la pratique de son métier qui, selon la commission, dépasse son rôle d’auxiliaire.

On reconnait aujourd’hui Charlotte Tassé comme la fondatrice du métier d’infirmière auxiliaire au Québec. Depuis 1989, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec remet, chaque deux ans, le prix d’excellence Charlotte-Tassé à la personne s’étant le plus dévouée et impliquée pour l’avancement de la profession.

Sachons nous rappeler de Charlotte Tassé, une femme qui s’est battue pour la professionnalisation des soins infirmiers et qui a su prouver par son parcours que les femmes ont leur place dans le domaine de la santé, peu importe leur échelon.

Charlotte Tassé, présidente du conseil d’administration du Sanatorium Prévost, vers 1947. Photographe non identifié. BAnQ, Centre d’archives de Montréal. Fonds Charlotte Tassé. P307,S3,SS1,D5,P41

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