Des nichoirs pour la survie des hirondelles bicolores
De nombreuses hirondelles bicolores naissent dans la région chaque année, grâce au Club d’ornithologie du Haut-Richelieu (COHR). Un groupe de bénévoles installe et surveille des nichoirs afin de permettre à des hirondelles et des merles bleus d’y faire leur nid et d’y couver leurs œufs.
Johanne Gaboriau et Noëlla Beaudoin, deux membres du COHR, sont à la tête du Comité Nichoirs et supervisent les bénévoles et la gestion des 214 nichoirs que le club a installés dans le Haut-Richelieu, notamment à Saint-Valentin, Mont-Saint-Grégoire, Saint-Blaise et dans divers secteurs de Saint-Jean-sur-Richelieu. Les petites habitations sont construites par des étudiants de la polyvalente Marcel-Landry.
Les deux femmes s’occupent actuellement du comité, mais ce n’était pas elles qui étaient à l’origine du projet. “ C’était un membre qui, tout seul, avait pris l’initiative de mettre des nichoirs, se remémore Johanne Gaboriau. Mais la forme actuelle [du projet] a pris naissance en 2018. [À ce moment-là], on a commencé à regrouper et organiser l’installation de nichoirs pour qu’on sache où et combien il y en a et quel type d’oiseau [ils accueillent]. Ça a énormément progressé depuis 2018. Actuellement, on a plus de 200 nichoirs d’hirondelles. ”
But du projet
Le comité a pour mission de proposer des habitations pour les hirondelles et les merles bleus qui, au cours des dernières années, sont moins présents dans la région. Une situation en partie causée par la diminution des insectes due à l’utilisation de pesticides. Mais il y a aussi le fait que ce sont des oiseaux qui vivent dans des cavités. Il leur faut donc de vieux arbres creux pour s’installer et, malheureusement pour les hirondelles, ces arbres sont souvent retirés dans la région. Les oiseaux ont donc de moins en moins d’endroits naturels où installer leurs nids. C’est pour cela que les nichoirs sont indispensables afin de maintenir la présence de ces oiseaux dans le Haut-Richelieu.
“ Notre mission, c’est d’aider les hirondelles et les merles bleus. Ce sont des oiseaux qui sont en perte d’habitat. En leur offrant de beaux condos, ils visitent différents endroits avant de choisir. Les hirondelles sont assez difficiles ”, précise Mme Gaboriau.
Le projet a aussi pour but d’aider la recherche. Toutes les données que le club récupère sur les oiseaux installés dans leurs nichoirs sont entrées sur le site NestWatch. Le site est géré par l’Université de Cornell dans l’État de New York. Les informations sont ensuite analysées par des étudiants qui font de la recherche en ornithologie, ce qui permet, entre autres, de connaître les espèces qui sont en danger d’extinction.
Où installer des nichoirs ?
Des fermes, des brasseries, des terrains de golf ou d’autres lieux de la région peuvent contacter le club s’ils souhaitent installer des nichoirs sur leur propriété. L’endroit est ensuite examiné pour déterminer s’il est propice à l’arrivée d’oiseaux. Pour le reste, c’est le club qui trouve des lieux intéressants et qui demande aux propriétaires s’ils souhaitent participer au projet.
“ [Les hirondelles] sont insectivores, donc elles débarrassent les lieux des insectes nuisibles. Pour les fermes, cela rend la culture meilleure ”, explique Mme Gaboriau.
Plusieurs critères sont nécessaires pour qu’un endroit soit jugé favorable à l’installation d’hirondelles. “ Ce n’est pas un oiseau forestier, donc il ne faut pas que ce soit boisé. C’est un oiseau de campagne, de grands espaces. Il y a également de meilleurs résultats quand il y a des animaux, parce qu’il y a du fumier et donc plus d’insectes, détaille Noëlla Beaudoin. Si je posais [un nichoir] dans ma cour, il n’y aurait rien à faire, les hirondelles ne viendraient pas. ”
Observer sans déranger
Une fois que des oiseaux sont installés, les bénévoles leur rendent visite une fois par semaine pour observer les œufs, puis les oisillons. Quand les jeunes oiseaux prennent leur envol, il arrive qu’une deuxième nichée prenne leur place.
Pour observer cette évolution sans déranger les oiseaux, le mari de Johanne Gaboriau, Roméo St-Cyr, technicien du Comité Nichoirs, a créé un appareil baptisé l’éCOHRnifleur qui permet de regarder à l’intérieur des petites habitations et même d’y prendre des photos et des vidéos discrètement.
De nombreuses naissances
Étant donné qu’aucune étude officielle n’a été réalisée récemment, il est difficile de déterminer l’impact du projet sur la quantité d’hirondelles dans la région. Les données recueillies par le comité laissent tout de même penser que sa mission a des conséquences positives.
En 2024, 400 oisillons ont pris leur envol depuis les nichoirs du COHR. En 2025, ce sont 447 oisillons qui y ont vu le jour, dont 345 hirondelles bicolores.
À ce jour, pour l’année 2026, le comité compte déjà 340 œufs, 265 oisillons dans les nids et 49 jeunes oiseaux qui se sont envolés.
