Lucette Thuot, l’une des rares à fêter ses 108 ans
Le CHSLD Gertrude-Lafrance a fêté les 108 ans de Lucette Thuot le samedi 27 juin. La centenaire a reçu la visite de sa fille, Danielle Ferland, et a pu célébrer avec le personnel et un gâteau préparé pour l’occasion.
Lucette Thuot voit le jour en 1918, au 146, 1re Rue, à Iberville. Elle grandit aux côtés de sa sœur et de ses parents, Zéphirin et Régina. Mme Thuot a eu sept enfants, quatre filles et trois garçons, qui lui ont donné, à leur tour, 16 petits-enfants. La centenaire demeure au CHSLD depuis un an maintenant, où elle reçoit la visite de sa famille.
Grandir dans l’entre-deux-guerres
Mme Thuot se rappelle d’avoir fait partie d’une des seules familles composées uniquement de deux enfants. La majorité de ses voisins avaient cinq ou six enfants, parfois jusqu’à 11. À l’époque, les jeunes se parlaient et les voisins se connaissaient, raconte-t-elle. Pour passer le temps, ils jouaient au moineau et à la balle ensemble, des jeux amusants tant et aussi longtemps qu’une vitre n’était pas fracassée par accident.
Une fois l’école terminée, elle commence son parcours professionnel à la manufacture de soie et de laine Belding Corticelli de Saint-Jean, où elle travaille pendant cinq ans. La Corticelli a embauché jusqu’à 240 employés dans sa période de gloire, en plus de participer à l’effort de guerre, mais elle doit malheureusement fermer ses portes en 1974.
Mariage et famille
Le jour du Nouvel An 1940, le futur beau-frère de Mme Thuot décide de lui trouver un compagnon pour les festivités. C’est ainsi qu’elle rencontre celui qui deviendra son mari, Daniel Ferland, avec qui elle restera toute sa vie. Le couple se marie la même année et voit naître son premier enfant l’année suivante. Lucette Thuot accouche de sept enfants, entre 1941 et 1957, « une grosse tablée ».
Pendant la guerre, M. Ferland reste au Canada et continue de travailler pour le Canadien National (CN). Si la guerre fait rage en Europe, Mme Thuot se rappelle seulement d’en avoir « entendu parler », sans pour autant que le quotidien soit bousculé. La famille pouvait aussi profiter d’un oncle épicier, qui réservait les meilleurs coupons de rationnement pour son entourage.
Sept enfants à la maison
Après la guerre, M. Ferland quitte son emploi au CN pour se convertir dans la distribution d’huile de chauffage. Mme Thuot l’accompagne en tant que secrétaire et mère à la maison. Jongler entre ces deux occupations à temps plein n’était pas facile, se rappelle-t-elle. Son mari devait parfois se lever en pleine nuit pour livrer de l’huile à un client dans le besoin.
Cependant, le train de vie chargé du couple était parfois interrompu par de joyeuses veillées entre amis, parfois jusqu’à quatre heures du matin. S’amuser à l’époque, ce n’était pas comme aujourd’hui, témoigne Mme Thuot. Pour se divertir, les gens se réunissaient, dansaient, se parlaient.
Depuis, des problèmes de vision entravent un peu son quotidien, mais elle s’adapte à la situation. Pour elle, 108 ans, ça passe vite. « Les années passent même plus vite, on a toujours quelque chose à faire, on en a profité », dit-elle.
