Une escouade de médiation dans deux écoles primaires
L’organisme Justice alternative du Haut-Richelieu (JAHR) a récemment développé le projet ESCOUADE, qui donne des formations de médiation à des jeunes de 10 et 11 ans dans deux écoles primaires de Saint-Jean-sur-Richelieu. Ces formations préparent les élèves à aider leurs pairs pour régler sainement leurs conflits.
Lucie Grenier, coordonnatrice à la médiation citoyenne chez JAHR, un organisme offrant un service d’accompagnement au dialogue, explique que les formations doivent être demandées par les écoles. À la suite de cette requête, des élèves volontaires sont choisis pour suivre une formation qui se déroule sur dix périodes de dîner. Jusqu’à maintenant, l’école Notre-Dame-de-Lourdes à Iberville ainsi que l’école Napoléon-Bourassa de Saint-Jean participent aux formations.
« On leur parle évidemment de l’écoute, de toutes les qualités et les compétences à développer dans la gestion de conflits, puis on se pratique en faisant des mises en situation », dit-elle. Les élèves développent également leur impartialité, leur présence et leur empathie.
Bénéfique pour les jeunes
Les formations ESCOUADE servent notamment d’outils aux jeunes, tant pour la gestion des conflits personnels que pour la connaissance de soi. « On a beaucoup de commentaires de jeunes qui disent que ça a amélioré leur capacité à gérer leurs émotions, puis à prendre des solutions qui vont être plus au service de tout le monde », explique Mme Grenier.
Le but de ces formations est de créer une « nouvelle philosophie » et un « nouveau mode de vie » concernant la communication dans les écoles. Cependant, changer ces aspects prend beaucoup de temps, et les écoles n’ont pas toujours les ressources et le temps nécessaires pour le faire.
Médiation citoyenne
« Donner cette formation, ça permet aussi de cultiver dans notre société, éventuellement, des adultes qui vont être capables d’aller vers de la communication plus que d’aller vers des conflits », explique Mme Grenier. Elle affirme que la médiation citoyenne, en plus de créer un lien et une certaine sécurité, « nourrit le tissu social ».
La médiation citoyenne amène également un sentiment de discernement et de calme. Il est plus facile de reprendre du pouvoir sur une situation lorsqu’on agit directement sur cette dernière. « Si on met [la médiation] de l’avant et qu’on ose croire en nos capacités au lieu de laisser le système choisir pour nous, on peut être des acteurs de grands changements », souligne-t-elle.