Une opération de capture et de vaccination de ratons laveurs

Du 8 au 23 juin, des équipes spécialisées ont participé à la capture, à la vaccination et au relâchement de ratons laveurs en Montérégie. L’épidémie de rage du raton laveur qui sévit dans la région a forcé les autorités à déployer les équipes pour freiner la propagation du virus avant qu’elle n’atteigne la couronne sud de Montréal.

25 équipes spécialisées en capture sont en action en Montérégie jusqu’à aujourd’hui pour attraper, vacciner puis relâcher le plus grand nombre possible de ratons laveurs. L’opération couvre une superficie de 750 km2 et englobe 32 municipalités, dont Chambly, La Prairie et une partie de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Depuis le 1er janvier, 71 cas de rage du raton laveur ont été confirmés en Montérégie et en Estrie. Ils s’ajoutent aux 96 cas identifiés en 2025. La situation inquiète le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). Dans les derniers mois, l’épidémie a traversé la rivière Richelieu, faisant des cas à Saint-Blaise et à Saint-Jean-sur-Richelieu, et s’est rendue jusqu’à Saint-Mathias-sur-Richelieu, plusieurs kilomètres au nord.

Les autorités demandent aux citoyens de garder leurs animaux domestiques à l’intérieur ou sous surveillance pour éviter qu’ils ne soient capturés pendant l’opération. Il est aussi recommandé de ne pas s’approcher des cages, qui pourraient être installées près des maisons sur des terrains privés, et de ne jamais tenter de libérer un animal.

Plan de match

Pendant 14 jours de suite, les équipes sur le terrain avaient l’objectif de capturer et de vacciner environ 50 % de la population de ratons laveurs du territoire. Les cages seront équipées d’appâts olfactifs pour attirer les animaux visés. Durant les six premiers jours de l’opération, déjà 750 bêtes avaient été vaccinées. Il s’agissait des plus récentes données au moment de publier.

“ L’objectif de cette opération-là, c’est de faire une barrière contre la propagation vers la rive sud de Montréal. On sait qu’il y a des cas à Saint-Jean-sur-Richelieu, mais ce n’est pas cette opération-là qui va permettre de venir à bout de ce qu’il se passe à Saint-Jean ”, précise Marianne Gagnier, biologiste et coordonnatrice de la gestion de la rage au MELCCFP.

Le MELCCFP poursuivra ses efforts d’épandage d’appâts dans le Haut-Richelieu au courant de l’été. Au moment d’écrire ces lignes, six cas de rage avaient été rapportés à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Interdiction de déplacement

Jusqu’au 6 août et depuis environ un an, il est interdit de capturer et de déplacer plusieurs animaux sauvages, dont les ratons laveurs, les renards, les coyotes et les mouffettes dans tout le Haut-Richelieu. À ce jour, près de 200 municipalités de la Montérégie et de l’Estrie sont visées par cette interdiction de déplacement des animaux.

Le déplacement d’animaux sauvages, même s’ils semblent en bonne santé, peut accélérer la propagation de la rage du raton laveur. La biologiste précise qu’il est également interdit de déplacer un animal non loin de chez soi, par exemple dans un boisé voisin.