Mitsubishi Outlander PHEV 2018 : un nouveau départ pour la marque

Vancouver, Canada — Voici le nouveau visage du constructeur — si on se fie aux dires de Mitsubishi, du moins — qui, avec ce nouveau Outlander PHEV 2018, entend changer la donne dans le segment des utilitaires hybrides rechargeables. 

Cela fait déjà près de 5 ans que ce modèle électrifié roule sa bosse sur les routes du monde entier, ce qui explique aussi pourquoi il est l’utilitaire hybride rechargeable le plus vendu du globe au moment d’écrire ces lignes. Pourquoi avoir patienté si longtemps pour l’introduire en Amérique du Nord? Mitsubishi attendait le bon moment pour ajouter cette dimension plus « écolo » à sa gamme de véhicules nord-américains. 

Au cas où vous ne le sauriez pas, le constructeur nippon prend un virage électrique et utilitaire à la fois, l’ajout du tout nouvel Eclipse Cross au mois de mars ne faisant que confirmer cette direction. Mais, pour le moment, Mitsubishi Canada veut s’imposer dans ce créneau des VUS hybrides rechargeables avec son modèle Outlander le plus avancé à ce jour. On ne peut pas dire qu’il est trop tôt, l’offre hybride étant de plus en plus vaste chez nous.

Un autre type d’Outlander
Les stratèges de Mitsubishi sont bien conscients du succès que remporte l’Outlander en Amérique du Nord. Le format de ce dernier répond aux besoins des petites familles et même à tous ceux qui doivent remorquer des charges un peu plus imposantes, un exploit dû à la présence du V6 dans le catalogue des options. 

Ce nouveau modèle a une vocation quelque peu différente. En effet, l’Outlander PHEV essaie de se tenir loin des stations-service le plus possible grâce à sa capacité de rouler en mode électrique sur une courte distance de 35 km. À ce sujet, les ingénieurs de Mitsubishi sont fiers de leur rouage intégral assuré par 2 petits moteurs électriques, ce qui permet au véhicule de compter sur 4 roues motrices même lorsqu’il ne rejette aucune émission dans l’atmosphère. Pour les courts trajets en pleine saison hivernale, ce petit plus est le bienvenu.

Distingué, le PHEV!
Comme c’est la coutume, ce modèle « vert » a droit à une robe exclusive à l’extérieur. On reconnaît encore la silhouette du VUS, mais avec quelques particularités tels que des bas de caisse et des contours d’ailes aux couleurs de la carrosserie qui lui donnent des airs plus huppés. 

Bien entendu, les quelques écussons « Plug-in PHEV » sur la caisse dévoilent la nature de cet utilitaire moins énergivore, tandis que les jantes exclusives complètent l’ensemble. Ah oui, et puisqu’il s’agit d’un véhicule rechargeable, il y a une trappe supplémentaire — du côté droit du véhicule — pour y brancher le câble fourni (ce dernier peut être dissimulé sous le plancher du coffre). 

Comment ça fonctionne?
La technologie hybride rechargeable existe déjà depuis quelques années, mais le Mitsubishi Outlander PHEV 2018 a ses particularités, à commencer par les 2 moteurs électriques logés aux essieux, ceux-ci développant chacun 80 chevaux. Sous la cabine, un bloc de batteries de 12 kWh est relié aux moteurs électriques, tandis qu’un 4-cylindres à essence de 2,0 litres produisant 117 chevaux est connecté à un générateur pour pallier aux situations où les batteries auront épuisé leur énergie. Notez que Mitsubishi refuse de divulguer la puissance totale de son véhicule, alléguant que celle-ci est variable selon le type d’utilisation. 

Mais puisque le moteur à essence est appelé à propulser les roues avant à l’occasion, les ingénieurs ont également inclus une transmission à une seule vitesse ainsi qu’un embrayage pour les situations prolongées sur l’autoroute.  

Les multiples modes
Le Mitsubishi Outlander PHEV est un véhicule complexe. Il n’y a donc rien d’étonnant dans la multiplicité des modes de conduite. Au démarrage, le VUS ne produit aucune émission, le mode de conduite VÉ étant assuré par les 2 moteurs électriques. C’est avec lui qu’on obtient, en théorie, une autonomie de 35 km. 

Ensuite, lorsque les batteries sont déchargées, le mode hybride en série fait intervenir le moteur à essence qui charge le bloc de batteries en plus de seconder le duo de moteurs électriques lors de certaines accélérations plus soutenues. 

Le troisième mode est l’hybride parallèle. À ce niveau, le 4-cylindres devient « propulseur », c’est-à-dire qu’il participe à la motricité du véhicule, les 2 moteurs électriques étant eux aussi impliqués lors des ascensions par exemple. 

Puis, il y a aussi les modes que le conducteur peut choisir s’il veut maximiser sa conduite. Non loin du levier de vitesses — qui nécessite quelques minutes au début pour s’acclimater à son fonctionnement — se trouve un bouton « SAVE » préservant la charge du bloc de batteries, ce qui place le véhicule en mode hybride. La charge de la batterie sera donc conservée pour une utilisation entièrement électrique plus tard, en milieu urbain, là où il est plus favorable d’utiliser le mode électrique par exemple.

Le bouton « CHRG », situé à gauche de l’autre, permet quant à lui de forcer la charge du bloc de batteries, faisant intervenir directement le moteur à 4 cylindres. Évidemment, lorsque ce dernier est enclenché, la consommation moyenne du véhicule augmente dramatiquement. 

Enfin, le mode « ECO » — le bouton se trouve plus haut sur la planche de bord — favorise les motorisations électriques afin de réduire l’implication du bloc thermique. C’est une fonction déjà très répandue dans l’industrie. 

Au volant
Plus on lit sur ce nouveau véhicule phare, plus on se rend compte que le Mitsubishi Outlander PHEV 2018 est un concentré de technologies. Mais, au final, ce qui importe surtout pour le consommateur qui veut bien profiter de la technologie électrique, c’est comment le véhicule se comporte au quotidien. 

Notre premier contact aura tout de même permis de constater que le plus dispendieux des Outlander se conduit comme n’importe quel autre véhicule moderne. Malgré son poids plus important que les autres versions, il ne souffre pas au chapitre des accélérations ni même du freinage. Sa direction est légère et sa suspension filtre très bien les imperfections des routes, celles de la Colombie-Britannique étant tout de même bien entretenues. On verra lors d’un essai futur dans la Belle Province!

Si le mode électrique rend le véhicule très silencieux à basse vitesse, c’est un peu plus bruyant à vitesse de croisière. En effet, le moteur à 4 cylindres se fait entendre lorsque le pied droit en redemande et les bruits éoliens viennent déranger la tranquillité qui règne à bord, mais soyez rassuré, il existe pire dans l’industrie. 

Je dois féliciter les ingénieurs d’avoir conservé le même volume intérieur malgré la technologie ajoutée. L’Outlander PHEV est toujours aussi utile et pratique, même que sa capacité de remorquage de 680 kg (1 500 lb) est identique à celle du modèle régulier

Un mot en terminant sur la consommation de carburant qui peut, comme nous l’avons constaté, grimper à 7 L/100 km. Toutefois, avec une meilleure planification du parcours afin d’utiliser le réseau de bornes de recharge rapide, il est possible de faire descendre cette statistique sous la barre des 3 L/100 km. Oui, vous avez bien lu, un VUS qui peut consommer 3 L/100 km!

SE, SE Touring ou GT?
Le véhicule que vous apercevez ici est une livrée GT dont le prix de départ est de 49 998 $, une jolie somme il va sans dire. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a encore des rabais gouvernementaux applicables dans certaines provinces canadiennes. Heureusement, Mitsubishi a pensé aux consommateurs qui ne voulaient pas nécessairement de tout l’équipement du GT, le niveau SE étant tout de même bien garni pour un prix de départ de 42 998 $, tandis que la version médiane SE Touring se veut plus confortable avec notamment la sellerie en cuir et le toit panoramique. 

Conclusion
Avec sa stratégie de se concentrer principalement sur les VUS et l’énergie électrique, Mitsubishi propose certainement un produit compétitif, surtout face à des rivaux qui ne s’adressent pas nécessairement au même groupe cible. 

La réponse du public sera primordiale pour la suite des choses pour Mitsubishi en Amérique du Nord, même si depuis l’alliance avec Renault et Nissan, le futur du constructeur apparaît plus rose. Les gens de l’aile canadienne nous ont d’ailleurs assuré que l’usine serait capable de s’ajuster à la demande si celle-ci augmentait drastiquement. 

 

Contenu original de auto123.