Cadillac Farview juge que le plan de Ruby Liu défie le bon sens commercial

TORONTO — Cadillac Fairview dit que le plan d’un milliardaire de la Colombie-Britannique de reprendre plus de 25 anciens loyers de la Baie d’Hudson «défie le bon sens commercial». D’autres propriétaires de centres commerciaux le jugent complètement irréaliste.

En conséquence, les autorités ne devraient pas remettre à Ruby Liu ces loyers détenus par l’ancienne chaîne de magasins. La Baie d’Hudson a mis ses baux en vente plus tôt cette année, après s’être placée sous la protection de ses créanciers et avoir fermé ses 80 magasins et les 16 de sa filiale Saks.

D’autres propriétaire de centre commerciaux, comme Oxford Properties, Ivanhoé Cambridge, KingSett Capital Inc., Morguard Investments Ltd. et Primaris Real Estate Investment Trust, ont aussi remis des documents pour demander à la Cour supérieure de l’Ontario d’empêcher Mme Liu d’acquérir ces baux.

Dans des documents remis samedi au tribunal, Cadillac Fairview dit être «résolument opposé» que Mme Liu devienne locataire dans certains de ses centres commerciaux parce qu’elle n’a aucun plan d’affaire précis et crédible.

Le propriétaire de nombreux centres commerciaux au Canada dit que Mme Liu n’a pas de marque et ne s’est jamais aventurée dans le commerce au détail. Elle ne compte pas non plus sur un personnel expérimenté dans ce domaine.

Selon Rory MacLeod, le vice-président exécutif aux opérations de Cadillac Fairview, l’entreprise de Mme Liu est «une coquille vide qui n’offre aucune garantie à l’exception [de ses] affirmations voulant qu’elle ait les moyens financiers pour maintenir [sa future chaîne] à flot».

«Toutes les indications démontrent que [son entreprise] n’aura plus d’argent avant l’ouverture de la première succursale», écrit-il dans un affidavit.

La Baie espère obtenir l’autorisation de vendre 25 baux à Ruby Liu, mais la plupart des propriétaires s’opposent farouchement à son emménagement et lui reprochent de ne pas avoir fourni suffisamment d’informations sur le commerce qu’elle compte implanter dans leurs propriétés.

Liu a déjà acheté trois baux dans des centres commerciaux britanno-colombiens dont elle est propriétaire, mais en veut une vingtaine de plus. Elle a déclaré qu’elle utiliserait ces espaces commerciaux pour ouvrir un nouveau grand magasin à son nom.

À l’origine, son plan prévoyait que les grands magasins comprendraient des services de restauration, de divertissement, d’activités récréatives, mais les plans qu’elle a récemment soumis au tribunal ont abandonné ces éléments.

Incapable d’obtenir l’accord des propriétaires, La Baie s’est tournée vers les tribunaux en juillet pour les obliger à accepter Mme Liu à titre de locataire.

Mme Liu et La Baie ont jusqu’à mardi pour répondre aux allégations de Cadillaw Fairview. Un juge entendra la cause à la fin du mois.