Fiasco SAAQclic: l’AMP reproche plusieurs manquements à la SAAQ

QUÉBEC — Une autre tuile s’abat sur la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ): l’Autorité des marchés publics (AMP) lui reproche plusieurs manquements en lien avec sa gestion du projet SAAQclic qui «vont à l’encontre d’une gestion responsable des fonds publics, en plus de porter atteinte aux principes d’intégrité, de transparence et de saine concurrence».

Parmi les manquements, l’AMP cite:

– Une planification déficiente à plusieurs égards, notamment quant à l’évaluation des besoins, à l’analyse du marché et à l’estimation des coûts;

– Des irrégularités dans la formation et les travaux du Comité de sélection;

– La modification d’éléments essentiels du contrat-cadre qui a changé la nature et le coût des travaux;

– Le fractionnement des besoins pour éviter de se conformer aux obligations de reddition de compte.

Par conséquent, l’AMP lui ordonne de «faire réaliser un audit en temps réel, par les vérificateurs internes de la SAAQ, du contrat-cadre et des contrats connexes, et d’informer l’AMP des résultats tous les six mois».

La SAAQ devra aussi aviser l’AMP «des orientations qu’elle compte prendre concernant les livraisons qui n’ont pas été effectuées et qui étaient prévues au contrat-cadre» et faire un «autodiagnostic de sa gestion contractuelle».

L’AMP soutient également que la SAAQ a favorisé l’entreprise SAP pour sa transition numérique.

«La SAAQ a donc effectué une analyse du marché axée uniquement sur l’offre de produits et de services de SAP. Elle a même relayé à SAP une partie des responsabilités qui lui revenaient à ce titre (…) L’AMP conclut que la SAAQ n’a pas fait une analyse du marché sérieuse et documentée, et qu’elle n’a pas agi de façon neutre et objective», écrit-on dans le rapport de 51 pages.

«Aucun autre concurrent n’a bénéficié des mêmes avantages que SAP», ajoute-t-on.

Cette enquête s’est déroulée en parallèle de la commission Gallant, mise sur pied en mars 2025 et dont l’objectif est de faire la lumière sur le fiasco SAAQclic. Son rapport est attendu en février.

Rappelons que le lancement de la plateforme SAAQclic en février 2023 a connu des ratés importants et a causé de longues files d’attente devant les points de service.

Le virage numérique de la SAAQ devrait coûter aux contribuables au moins 1,1 milliard $, soit 500 millions $ de plus que prévu, selon les calculs du Vérificateur général du Québec.

«La SAAQ s’engage à répondre aux recommandations et aux ordonnances de l’AMP et soumettra un plan d’actions dans les délais demandés», a affirmé la PDG par intérim de la SAAQ, Annie Lafond, par voie de communiqué.