Sondage: les membres du SPGQ rapportent une perte d’expertise et des bris de services

MONTRÉAL — Une consultation menée auprès des professionnels du gouvernement du Québec par leur syndicat révèle que plus des deux tiers d’entre eux ont constaté une perte d’expertise au sein de leur direction, depuis 12 mois, soit depuis l’imposition d’un gel d’embauche dans la fonction publique et de restrictions budgétaires.

Plus précisément, ce sont 68,5 % qui ont répondu que, depuis 12 mois, ils avaient constaté une perte d’expertise au sein de leur direction ou de leur unité de travail.

De même, 57 % d’entre eux ont rapporté avoir vécu «fréquemment» une surcharge de travail et 25 % «constamment», au cours de ces 12 derniers mois.

Et selon eux, des services aux citoyens ont bel et bien été touchés par ces restrictions ou gels d’embauche, puisque 19 % rapportent des bris de services à la population, 8 % des bris de services pouvant affecter la sécurité de la population, 9 % des bris de services pouvant dégrader l’environnement.

Aussi, 19,6 % relatent des situations rehaussant la vulnérabilité de la clientèle servie et 18 % un allongement des délais pour verser des indemnités, de l’aide financière.

Également, 24 % ont rapporté un non-respect des délais prévus par la loi ou les orientations de l’organisation.

«C’est majeur et c’est à tous les niveaux de l’appareil gouvernemental», a assuré en entrevue, jeudi, Guillaume Bouvrette, président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

Il rappelle que lorsqu’il avait annoncé le gel d’embauche, en novembre 2024, le gouvernement du Québec avait soutenu qu’il n’y aurait pas de coupes dans les services directs à la population, qu’il s’agissait essentiellement de réduire la bureaucratie.

«Les impacts, ils sont là, ils sont présents, ils sont importants. Et on s’inquiète que ça se poursuive dans le temps, parce qu’on a déjà annoncé une volonté de continuer la réduction des effectifs gouvernementaux» en 2026, a déploré M. Bouvrette.

En plus du gel d’embauche, on a aussi mis fin à des contrats de personnes qui étaient occasionnelles, relate le dirigeant syndical. «Ça crée une surcharge de travail pour ceux qui restent» et ça affecte leur santé mentale et détériore le climat de travail.

Les membres du SPGQ travaillent à l’administration, à l’informatique, aux communications, à l’économie, par exemple, dans les ministères, ainsi que dans des organisations gouvernementales comme la Société d’habitation du Québec, la Régie de l’assurance-maladie du Québec, l’Office des personnes handicapées., l’Office québécois de la langue française et d’autres.

La consultation a été menée sur une plateforme en ligne auprès des membres du SPGQ, du 27 novembre au 15 décembre. Plus de 5100 d’entre eux y ont répondu.