Trump ne veut plus que les produits de Bombardier soient vendus aux É.-U.

MONTRÉAL — Le président américain Donald Trump a menacé lundi de ne plus vendre les produits de l’entreprise canadienne Bombardier aux États-Unis, soutenant qu’ils ne sont «pas assez bons».

Dans une publication sur son réseau social, M. Trump a dit que si Bombardier souhaite continuer de vendre aux États-Unis, l’entreprise devra construire ses produits dans le pays et «arrêter de traiter les États-Unis comme une tirelire».

«Ils tirent leurs revenus des acheteurs américains, des entreprises américaines, des aéroports américains et des services américains – alors même que le Canada fait obstacle à nos grandes banques et entreprises américaines sur l’ensemble du territoire des États-Unis», a écrit Donald Trump, soutenant que 50 % des revenus de l’avionneur viennent des États-Unis.

La première ministre Christine Fréchette n’a pas tardé à réagir.

«Bombardier, c’est un fleuron pour le Québec, qui rassemble une expertise qu’on a cumulée au cours des dernières décennies», a lancé la cheffe caquiste lundi après-midi à Québec lors d’une assemblée publique dans le cadre de la campagne électorale.

«Le secteur aérospatial, c’est plus de 40 000 emplois. Je dis aux travailleurs: on vous soutient, on va être là pour se battre et ce n’est pas vrai qu’on va se laisser menacer comme ça!» a-t-elle déclaré sous les applaudissements de la foule.

Dans un message sur le réseau social X, elle a soutenu qu’elle ne répondrait «pas à la provocation par la provocation».

«Le Québec ne laissera personne dicter où nos entreprises doivent produire pour avoir accès à un marché. Nous allons défendre nos entreprises, nos travailleurs et notre expertise, avec fermeté», a-t-elle affirmé.

Mme Fréchette a ajouté qu’elle avait pris contact avec le PDG de Bombardier, Éric Martel, pour lui offrir son soutien.

Il s’agit de la dernière provocation en date du président américain alors que des droits de douane de rétorsion canadiens doivent entrer à vigueur à minuit mardi.

Ils varieront entre 15 et 50 % et viseront un large éventail de produits, notamment les produits laitiers, l’acier, le cuivre et certains produits de beauté.

Ces droits de douane constituent une riposte aux surtaxes de 50 % imposées par Donald Trump sur 28 milliards $ de produits canadiens, allant des bâtons de hockey au miel.

Un peu plus tôt cette année, M. Trump avait déjà menacé de retirer la certification des avions d’affaires canadiens et évoqué la possibilité de mettre en place des droits de douane de 50 % sur les appareils canadiens.

À ce moment-là, le républicain estimait que le Canada prenait trop de temps pour certifier quatre modèles de Gulfstream de General Dynamics, une compagnie américaine rivale de Bombardier.

L’entreprise aéronautique québécoise emploie 3500 personnes aux États-Unis. Environ 2800 fournisseurs américains font partie de sa chaîne d’approvisionnement.

«Les avions Bombardier sont construits à partir de composants fabriqués aux États-Unis, tels que des moteurs, de l’avionique et de nombreux autres systèmes clés fournis par de grandes entreprises américaines», a souligné Bombardier dans un communiqué.

L’entreprise a noté qu’elle dépense chaque année plus de 2,5 milliards $ auprès de ses fournisseurs.

«L’aérospatiale figure régulièrement parmi les principaux secteurs d’exportation des États-Unis et génère en permanence un excédent commercial», a-t-elle ajouté.

— Avec des informations de Stéphane Rolland