Un couple de Québécois est mort dans l’écrasement du funiculaire de Lisbonne

QUÉBEC — Un couple de Québécois figure parmi les victimes de l’écrasement du funiculaire survenu mercredi à Lisbonne.

Il s’agit d’André Bergeron et de Blandine Daux.

Le ministère de la Culture et des Communications du Québec a confirmé vendredi après-midi le décès de ces deux personnes qui ont oeuvré au Centre de conservation du Québec (CCQ).

Dans une déclaration écrite, le ministre Mathieu Lacombe a affirmé que c’était une «très triste nouvelle» et qu’il offrait ses condoléances aux employés du Ministère et à leurs proches.

«Je veux offrir mes plus sincères condoléances à la famille, aux proches et aux collègues d’André Bergeron et de Blandine Daux. Le Québec perd deux passionnés qui ont consacré leur vie à préserver notre patrimoine archéologique. Mes pensées accompagnent leurs proches», a de son côté publié le premier ministre François Legault sur X.

Le milieu de la conservation et du patrimoine perd en André Bergeron un de ses grands experts et vulgarisateurs, a témoigné une de ses représentantes.

«Ça me fait énormément de peine, c’est tragique, c’est un événement extrêmement tragique», a affirmé Louise Mercier, qui a été présidente directrice générale d’Action Patrimoine.

Elle a été pendant huit ans rédactrice en chef du magazine Continuité et elle a alors «collaboré étroitement» avec M. Bergeron.

«C’était un gars extrêmement sympathique et passionné, c’était un plaisir de travailler avec lui», a-t-elle dit, dans une entrevue avec La Presse Canadienne vendredi après-midi.

«C’était un scientifique, un gars d’une patience extrême, d’une grande curiosité intellectuelle. Il avait aussi le souci de ne pas simplement travailler sur les objets, mais de les transmettre sur le plan culturel. Il voulait que les gens comprennent le travail du restaurateur, du conservateur, transmettre cette information de façon vulgarisée, pour que chacun puisse saisir l’importance du patrimoine.»

Contacté par La Presse Canadienne, le Centre de conservation du Québec a redirigé la requête vers l’équipe de relations avec les médias du Ministère.

Le Ministère a pour sa part publié un hommage sur le réseau professionnel LinkedIn.

«Tous deux ont contribué de façon remarquable à l’atelier archéologie-ethnologie du centre de conservation du Québec», écrit-on.

«André Bergeron, un des pionniers du CCQ, a consacré plus de 40 ans à la restauration avant de prendre sa retraite en 2022. Blandine Daux s’était jointe à l’équipe en 2001. Leur départ laisse un vide immense au sein du CCQ et du ministère de la Culture et des Communications.»

Les autorités portugaises avaient confirmé plus tôt vendredi que deux Canadiens faisaient partie des 16 personnes qui ont été tuées lors de l’écrasement de funiculaire survenu mercredi à Lisbonne.

Selon la police locale, cinq des victimes provenaient du Portugal, trois du Royaume-Uni, deux du Canada, deux de la Corée du Sud, une des États-Unis, une de la France, une de la Suisse et une de l’Ukraine.

Les nationalités des victimes ont été rendues publiques à la suite de l’identification médico-légale.

De son côté, le ministère français des Affaires étrangères avait confirmé jeudi que l’une des victimes était une ressortissante franco-canadienne.

«Nous avons la confirmation du décès d’une de nos compatriotes dans le tragique accident survenu (mercredi) à Lisbonne. Nous adressons toutes nos pensées à sa famille et à ses proches», avait écrit le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur X.

L’Elevador da Gloria, un funiculaire classé monument national, était bondé de touristes mercredi soir lorsqu’il a déraillé et a percuté le mur d’un bâtiment. En plus des 16 victimes, 21 personnes ont été blessées.

Le Bureau d’enquête sur les accidents aériens et ferroviaires du Portugal a annoncé avoir terminé son analyse du lieu de l’écrasement. Son rapport technique préliminaire doit être publié vendredi.

Le chef enquêteur de la police, Nelson Oliveira, a quant à lui fait savoir qu’un rapport préliminaire de police, dont la portée est plus large, devrait être publié dans les 45 jours.

Des centaines de personnes ont assisté à une messe solennelle dans la majestueuse église Saint-Dominique de Lisbonne jeudi soir, alors que le Portugal observait une journée de deuil.

Le funiculaire, suspendu à des câbles en acier, peut transporter plus de 40 personnes. Les autorités ont refusé de commenter la possibilité qu’un frein défectueux ou un câble rompu ait pu provoquer l’accident.

Outre les enquêtes menées par la police, le parquet et les experts gouvernementaux en matière de transport, la société qui exploite les funiculaires et les bus de Lisbonne, Carris, a ouvert sa propre enquête.

Le funiculaire, en service depuis 1914, a fait l’objet d’un programme d’entretien complet prévu l’année dernière, a affirmé jeudi le président de Carris, Pedro de Brito Bogas.

Le funiculaire a été inspecté pour la dernière fois neuf heures avant le déraillement, a-t-il indiqué, sans préciser si tous les câbles avaient été vérifiés.

Le conseil municipal de Lisbonne a suspendu l’exploitation de trois autres funiculaires afin que des inspections soient effectuées.

— Avec des informations de l’Associated Press